Vue d'ensemble
 

LA PRATIQUE DU SAHAJ MARG
Les fondements du Sahaj Marg

QUESTIONS - REPONSES

1
LE SYSTEME EN GENERAL
2
LE BUT ET LE MAITRE
3
LE SYSTEME ET LES MAITRES
4
L'EFFET DES SAMSKARAS
5
L'ASPIRANT ET LES ABHYAS
6

LA MEDITATION

7
L'IMPORTANCE DU CŒUR
8
QUESTIONS DIVERSES SUR LA MEDITATION
9
NETTOYAGE DU SOIR
10
PRIERE-MEDITATION DU COUCHER
11
LE SOUVENIR CONSTANT
12
LE MAITRE ET LES PRECEPTEURS
13
LES PROBLEMES DE LA VIE MATERIELLE
14
QUELQUES SUGGESTIONS POUR DES PROGRES RAPIDES


LE SYSTEME EN GENERAL

Quel est le système de yoga pratiqué dans le Sahaj Marg ?

C'est l'ancien système du raja-yoga, le yoga du mental. Il est considéré comme le roi des yogas, car il cherche à atteindre la réalisation du Soi par la régulation, le raffinement et finalement la divinisation du mental.
L'ancien système de raja-yoga du sage Patanjali comprenait huit étapes :
1. yama : ce qu’il ne faut pas faire pour mener une vie exemplaire sur le plan moral,
2. niyama :ce qu’il faut faire pour mener une vie exemplaire sur le plan moral,
3. asana : une bonne posture physique,
4. pranayama : le contrôle du souffle
5. prathyahara : le retrait des sens de leur tendance à se tourner vers l'extérieur,
6. dharana : la concentration du mental vers l'intérieur de soi-même,
7. dhyana : la méditation,
8. samadhi : l’absorption dans un état de non pensée.
On peut voir que dans cet ancien système, c'est seulement après avoir accompli les six premières étapes que l'aspirant spirituel était initié à la méditation, laquelle devait le conduire au samadhi, la dernière étape du yoga. Notre système a été modifié et simplifié pour s'adapter au mode de vie actuel, en particulier la vie de famille. Ici, l'aspirant est introduit directement à la méditation, sans passer par les stades préliminaires mentionnés plus haut. De plus, le but de la pratique a été porté bien au-delà du samadhi comme nous le verrons par la suite.

Pourquoi appelez-vous ce système Sahaj Marg ?

Le système porte le nom de Sahaj Marg qui signifie "la Voie Simple", ou "la Voie Naturelle" car il intègre les aspects physique, mental et spirituel de l'homme sans exercer aucune force ou pression. Il n'exige pas d'austérité, ni de négation de soi, de pénitence, de renoncement extérieur ou de célibat, … etc. Les Maîtres de notre système ont eux-mêmes été des chefs de famille et nous ont enseigné que l'homme doit vivre une vie complète et naturelle (à l'abri de tout extrême) qui seule peut le mener vers le but ultime de l'existence.

LE BUT DE LA VIE HUMAINE ET LE MAITRE

Qu'entendez-vous par but ultime de l'existence ?

Nos Maîtres nous enseignent que l'existence humaine, avec tous ses charmes et ses désenchantements, n'est pas une fin en soi.

Quand nous avons été créés par Dieu, nous Lui étions tout à fait semblables, et demeurions avec Lui. Mais à mesure du processus de l'évolution, nous avons développé un sentiment d'identité séparée, communément qualifiée d'ego. Nous avons oublié notre demeure divine et nous nous sommes mis à poursuivre dans cette vie des buts de nature inférieure.

Mon Maître dit que nous devons mettre en route le processus d'involution, pour redevenir ce que nous étions au moment de la création, c'est-à-dire des âmes véritablement divines, ne différant que par une identité nominale entre Lui et nous. Il enseigne que cela n'est possible que si nous renonçons à nos tendances à la dispersion. Nous rassemblons le mental sur un seul point, le cœur, et le dirigeons à nouveau vers l'intérieur, pour voir à nouveau clairement notre chemin vers le Divin. C'est ce que nous appelons le véritable Soi en nous. Au Sahaj Marg, la réalisation du Soi est la réalisation de Dieu. Cet objectif est rendu possible pour tout chercheur sincère grâce à notre système de méditation qui s'appuie sur le pouvoir spirituel du guide, le Maître.

Quelle est l'utilité d'un maître ? Ne pouvons-nous pas avoir une pratique spirituelle par nous-mêmes et parvenir au but ?

Le Sahaj Marg croit en la nécessité d'un maître ayant une forme humaine. Pour la plupart des êtres humains, il n'est pas possible d'atteindre le but en suivant juste ce qui est écrit dans les livres. Celui qui connaît la voie et a lui-même atteint le but, peut guider les autres dans ce difficile voyage spirituel rempli des pièges tendus par l'ego qui se ment à lui-même. À vrai dire, à moins d'abandonner l'ego et apprendre à accepter de dépendre, pour notre cheminement, du guide que nous avons choisi, la réalisation du but serait tout à fait impossible.


Comment trouver un tel maître ?

Le fondateur de cette Mission, Shri Ram Chandra, affirme qu'une prière sincère appelant un tel Maître le mènera à votre porte !

Quand je le rencontrerai, comment saurai-je qu'il est celui que je dois suivre ?

Tout d'abord en testant le système qu'il vous demande de pratiquer. Si vous constatez son efficacité à produire un progrès spirituel rapide chez vous, vous reconnaîtrez naturellement le niveau et la capacité de l'homme sur lequel s'appuie ce système. Dans le Sahaj Marg, nous conseillons au nouveau venu de pratiquer sincèrement pendant une période d'au moins trois mois afin de pouvoir juger de son efficacité.

LE SYSTEME ET LES MAITRES

Comment juger de l'efficacité de votre système ?
Par le processus de changement qui commence en vous dès le premier jour. L'état de votre mental change. Vous ressentez de la légèreté d'esprit et un état de calme intérieur. Les tensions mentales disparaissent. Le mental se purifie et se clarifie. Les structures mises en place par votre ego sous la forme de traits de caractère et de comportements négatifs, tels que des aversions, des attachements, de l'orgueil, des préjugés, de la colère, etc. se dissolvent dans l'état intérieur créé par une pratique régulière. Grâce à la pratique, le pouvoir spirituel du Maître nettoie votre cœur des diverses impuretés que vos pensées et vos actions fondées sur l'ego y ont accumulé. Petit à petit, l'homme, proche de l'animal s'humanise, puis devient un véritable être humain et s'embarque pour le voyage vers la divinisation.

Quelle est l'utilité d'une telle pratique, alors que nous avons déjà nos religions, nos rituels et nos écritures ?
Selon le fondateur, Shri Ram Chandra de Shahjahanpur que nous appelons affectueusement Babuji, Dieu ne peut être découvert sous aucune forme, ni aucun nom, ni dans des rituels, des lieux de culte ou des écritures : Il doit être trouvé dans le recoin le plus profond du corps humain, le coeur.

La religion est comme le berceau où nous sont inculquées quelques notions élémentaires sur Dieu, des méthodes pour Le vénérer, le besoin de mener une vie morale, etc. Babuji a dit que la spiritualité commence là où la religion finit. La spiritualité transcende les noms, les formes et les attributs de Dieu dont l'imagination humaine L'a investi, à travers les siècles. Le vrai Dieu, selon le Sahaj Marg, est ce qu'il y a de plus subtil, hors de portée de notre mental et de nos sens, sans forme, sans nom et sans attribut, mais faisant néanmoins partie de l'expérience humaine.

Dans cette pratique spirituelle, nous cherchons donc à vivre le réel tel qu'il est. Nous espérons y parvenir au travers d'un processus qui atténue et dissout progressivement notre attachement à nos propres noms, formes, qualités et qui, ainsi, vide notre conscience. Quand, dans notre nature, nous devenons comme Cela, nous commençons à expérimenter ou à sentir une unité avec Cela en nous-mêmes : en fait, cette pratique rétablit le lien entre nous et l'être intérieur divin. Ce lien amène la nature et le pouvoir divin à affecter notre identité égotique qui se trouve peu à peu effacée. Le Divin qui est présent en nous commence alors à se manifester dans nos pensées et nos actions.


Ce qui signifie que je perdrai ma propre identité ! Comment survivre alors dans cette société de compétition ?

Il n'y a rien à craindre ! Le processus décrit plus haut est appelé "transformation" dans notre système.
Dans la première étape, nos tendances animales sont supprimées et nous devenons des êtres humains bons, sans aucune anomalie, ni aspérité.
Le stade avancé ou ultime est appelé divinisation, quand l'être divin à l'intérieur nous guide, nous informe et imprègne toutes nos pensées et actions. Nous commençons alors à entrer dans le courant de la Nature sans offrir aucune résistance, consciente ou inconsciente. Bien que vivant encore dans ce corps humain, nos fonctions physiques et mentales sont en conformité avec la Nature, ramenées à un état de parfait équilibre et d'harmonie avec Elle. Le rendement de nos facultés est optimal et nous devenons plus efficaces dans notre vie matérielle, précisément parce que nous avons réalisé notre existence et notre identité spirituelles, qui sont éternelles. Comme l'Eternel pénètre le présent également, Il illumine la vie humaine et lui donne un sens, pour nous-mêmes et pour ceux qui nous entourent.

Babuji insiste sur le fait que la distinction entre l'humain et le Divin, le matériel et le spirituel, est artificielle. Si les deux sont équilibrés et intégrés, notre existence devient unifiée et complète. Ainsi, le Sahaj Marg nous enseigne à ne pas fuir la vie terrestre ni rejeter avec mépris le côté matériel de l'existence humaine comme totalement étranger au développement spirituel. Si vous négligez l'existence matérielle, cela affecte le spirituel et vice versa.

S'il vous plaît, parlez-nous des Maîtres de votre système.

Le premier Maître était Shri Ram Chandra de Fatehgarh situé dans l'état indien de l'Uttar Pradesh. Il a vécu de 1873 à 1931. Il travaillait pour le percepteur des impôts de Fatehgarh. Il devait subvenir aux besoins d'une famille avec un maigre revenu et dut subir bien des privations. On le surnomme affectueusement Lalaji. C'est Lui qui a redécouvert l'ancienne méthode de transmission du pouvoir spirituel du Maître dans le cœur de l'aspirant pour en nettoyer les impuretés et accélérer son progrès spirituel. Il avait un petit groupe de disciples.

Le disciple le plus dévoué de Lalaji et son successeur spirituel fut Shri Ram Chandra, de Shahjahanpur dans l'Uttar Pradesh également. C'est Babuji dont nous avons déjà parlé, qui avait curieusement le même nom que son Maître. Il vécut de1899 à 1983. Sa vie fut aussi remplie de difficultés matérielles et de nobles sacrifices envers ses frères et soeurs humains. Il perfectionna le système de transmission spirituelle et fonda en 1945 la Shri Ram Chandra Mission en mémoire de son Maître. Il créa un réseau de "précepteurs", c'est-à-dire des pratiquants formés pour relayer la transmission. Il fit de nombreux voyages à travers l'Inde, ainsi qu'à l'étranger. Grâce à ses efforts, la Mission enregistra de son vivant une croissance rapide. Son livre "La Réalité à l'Aube" et d'autres ouvrages sur le raja-yoga ainsi que des lettres adressées aux pratiquants du Sahaj Marg révèlent la profondeur et la vaste portée de sa recherche dans le domaine peu connu de la spiritualité.

Le Maître actuel, Shri Parthasarathi Rajagopalachari, né en 1927, habite Madras. Il fut un associé intime et le principal disciple de Babuji, de 1964 à la mort de ce dernier en 1983. Il devint à ce moment-là son représentant spirituel et le président de la Mission. Il travaillait comme directeur exécutif dans une grande entreprise privée du Tamil Nadu (un état du sud) et est actuellement à la retraite. Du vivant de son Maître, Il fut un secrétaire général très dynamique pour la Mission et a contribué considérablement au renforcement de ses structures ainsi qu'à la publication de sa littérature. Il a accompagné son Maître lors de ses voyages à l'étranger et l'a assisté avec compétence dans son travail spirituel. Son livre "Mon Maître" est un prodigieux hommage à Babuji. Ses autres livres comprennent des journaux de ses voyages outre-mer avec Babuji, son autobiographie spirituelle et plusieurs volumes de ses conférences en Inde et à travers le monde, où il interprète, amplifie et reformule à l'intention de l'homme du XXIème siècle, les enseignements de son Maître. Ses continuels voyages et son travail spirituel ont permis une croissance remarquable et l'expansion des activités de la Mission dans toute l'Inde, en Europe, aux U. S. A. et dans bien d'autres pays.


Qu'y a-t-il de si particulier ou d'unique dans votre système, pour le démarquer des autres systèmes ?

La méthode de transmission, mentionnée précédemment, est ce qu'il y a d'unique dans ce système. Il s'agit bien de l'amour ou de l'essence divine que le Maître, du fait de ses accomplissements spirituels, concentre et déverse dans le cœur de l'aspirant, retirant petit à petit tout ce qui l’alourdit et lui transmettant un potentiel de développement spirituel. La technique du nettoyage et la transmission qui utilisent la même énergie divine, sont donc des éléments spécifiques de ce système. Le Maître a également habilité des précepteurs, en Inde et à l'étranger, à accomplir ce travail de nettoyage et de transmission afin que ce service spirituel soit accessible au plus grand nombre.

Une personne qui souhaite pratiquer doit commencer par prendre trois « sittings » d'introduction : nous disons « sitting » parce que l’aspirant et le précepteur ou le Maître sont assis face à face pour méditer. Durant ces trois « sittings » d’introduction, le Maître ou le précepteur effectue le nettoyage initial afin de rendre la méditation possible et confortable, loin de l'agitation habituelle. De tels sittings sont nécessaires périodiquement, même après avoir commencé de pratiquer quotidiennement, car le cœur doit être dégagé d'innombrables couches de lourdeurs.

Deuxième particularité de ce système, il reconnaît nos obligations matérielles, familiales, professionnelles, sociales et insiste pour qu’un équilibre soit maintenu entre elles et notre pratique spirituelle. On ne nous demande en aucun cas de renoncer à nos familles, à nos professions ou à nos possessions. Simplement, le développement intérieur qui s’opère chez le pratiquant conduit à une pratique juste de toutes ces valeurs fondée sur le non-attachement.

Le troisième aspect remarquable du système est son extrême simplicité et son naturel, l'absence de dogmes rigides, de rituels et de pratiques mécaniques.

Enfin, ce système requiert un minimum de temps et d'efforts mais il est spécialement adapté aux besoins de l'homme du XXIème siècle. Le Sahaj Marg affirme avec insistance que la vie de famille sous toutes ses formes est la meilleure école pour le progrès spirituel.

L' EFFET DES « IMPRESSIONS »
    (SAMSKARAS en sanscrit)

Que sont les « impressions » ?

Pour la science, chaque action a une réaction sur le plan physique. Pour la spiritualité, chaque pensée ou action accomplie avec le sentiment du « je » ou la conscience du « moi » (ego), marque le cœur d'impressions subtiles qui deviennent les semences de pensées ou d'actions futures qui, à leur tour, conduiront à la formation d'impressions. Des impressions répétées du même ordre se solidifient en tendances sous la forme de voiles innombrables autour de l'âme humaine. L'être humain devient alors prisonnier de ses impressions et doit revenir encore et encore à l'existence terrestre afin de les éliminer. Mais tandis qu'il élimine ses vielles impressions,, il en crée de nouvelles. Du fait de ce cercle vicieux, sa progression vers le but de sa réalisation spirituelle, c’est à dire de son essence divine est stoppée. Ainsi, un système de pratique spirituelle qui n'offre pas de solution à l'accumulation des impressions ne peut nous mener bien loin. De nos jours, le Sahaj Marg bénéficie du soutien d'un Maître vivant et son pouvoir spirituel offre la possibilité de nous dégager de nos impressions, pourvu que nous soyons disposés à nous en débarrasser !

N’existe-t-il pas de bonnes impressions ? Celles-là, ne peut-on pas les conserver ?

On peut parler de bonnes impressions pour celles qui résultent d'actes méritoires qui peuvent nous mener vers une vie meilleure sur le plan humain. Mais elles ne nous aident pas à nous libérer de cette existence terrestre. Selon Babuji, les bonnes impressions sont comme une cage dorée, mais demeurent néanmoins une cage : nous en sommes prisonniers, dans l’incapacité d’atteindre notre réalisation divine. Par conséquent, il est indispensable d'abandonner ces idées de bien et de mal, de vice et de vertu, de paradis et d'enfer qui sont des conceptions humaines. Il est indispensable de transcender ces dualités ou paires d'opposés, et de rétablir notre mental dans le Divin. Une telle transcendance du mental ouvre la voie à la possibilité de transcender cette existence terrestre qui est brève, limitée et restrictive sous bien des aspects. Selon mon Maître, seule la spiritualité peut amorcer le processus de l'expansion intérieure et de la libération finale d'une existence aussi limitée.

L' ASPIRANT ET LA PRATIQUE

Quelles sont les conditions requises pour devenir un pratiquant ?

Il faut avoir dix-huit ans révolus et être disposé à pratiquer régulièrement selon notre système pour une période d'essai d'au moins trois mois, sous la conduite d'un précepteur de la Shri Ram Chandra Mission.
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Pouvez-vous me dire ce qu'un aspirant spirituel doit faire pour commencer la méditation selon votre système ?

Le chercheur spirituel qui désire commencer à pratiquer doit prendre un minimum de trois sittings (séances de méditation) d'introduction avec un précepteur sur une période de deux ou trois jours consécutifs. Chaque session dure environ une demi-heure durant laquelle le précepteur sert de canal au Maître et dirige le pouvoir de transmission mentionné plus haut vers le cœur de l’aspirant et commence à nettoyer ses impressions. Ceci doit très vite amener de la légèreté dans le mental de l’aspirant et lui permettre de méditer par lui-même. Par la suite, il devra prendre régulièrement des sittings avec un précepteur, lequel lui en indiquera la fréquence : en moyenne, tous les quinze jours ou trois semaines. Il en est ainsi parce qu'il n'y a pas vraiment de fin au processus du nettoyage, si l'on considère les couches innombrables d’impressions (couramment appelés opacités) que nous avons accumulées. La participation à des séances de nettoyage durant les sittings individuels et les sittings de groupe (méditation) donnés par le Maître ou ses précepteurs créent et augmentent progressivement la légèreté et même la vacuité du cœur, ce qui ouvre automatiquement le cœur à l'entrée de la grâce divine. L'expérience qui en résulte est l'expansion, la subtilité, ainsi que d'autres manifestations de transformation intérieure que le pratiquant peut constater lui-même.

Quelle est la pratique quotidienne prescrite au pratiquant ?

La pratique se compose de trois éléments :

la méditation, le matin.
le nettoyage, le soir.
la prière, au coucher.

LA MEDITATION

Pourquoi devrais-je méditer ?

Le mot "méditer" signifie porter continuellement son attention ou maintenir son esprit fixé sur une pensée.


Nos écritures disent, et c’est prouvé par l'expérience, que nous devenons ce sur quoi nous méditons. En d'autres termes, nous acquérons la nature, la qualité ou la condition de l'objet sur lequel nous méditons. Donc, lorsque nous méditons sur ce qu'il y a de plus subtil, c'est-à-dire Dieu, nous perdons notre opacité et acquérons Sa subtilité, devenant ainsi semblables à Lui ; alors seulement la fusion avec Lui, qui est le but ultime de la vie, est rendue possible. Mais cela ne peut être atteint que par une pratique assidue et quotidienne de la méditation, avec une dévotion totale.

Comment me préparer pour ma méditation quotidienne ?

La façon de se préparer à la méditation du matin est décrite ci-dessous:
Levez-vous avant le lever du soleil.
Lavez-vous le visage et les dents.
Lavez-vous si vous ne vous sentez pas propre, sinon ce n'est pas nécessaire (l'idée est de commencer la méditation aussi tôt que possible, sans perdre de temps en activités routinières telles que toilette, petit-déjeuner, lecture du journal, exercice physique, etc.).
Portez des vêtements amples et confortables.
Fixez-vous une heure et un endroit consacré à la méditation quotidienne.
Demandez aux membres de votre famille de ne pas vous déranger durant la méditation.
Réglez le réveil sur une demi-heure. Augmentez progressivement la durée jusqu'à une heure pendant une période de trois à six mois. Si vous n'avez pas de réveil, fixez l'alarme mentalement. Si vous ouvrez les yeux avant l'heure, vous pouvez les refermer et continuer à méditer.
Asseyez-vous confortablement, détendu, mais avec le dos et la tête droits. Si la tête retombe après que vous avez commencé de méditer (par suite de la perte de conscience du corps), ne vous en inquiétez pas. La position allongée n’est pas autorisée, car trop de confort pourrait vous rendormir !
S'il vous plaît, comprenez que la méditation sur le Divin dans votre coeur est adoration. Par conséquent, commencez par une prière silencieuse pour l'élévation spirituelle avec un coeur plein d'amour et de dévotion.

Comment méditer ?

Nous fermons les yeux et commençons avec la pensée que la lumière divine est présente dans le cœur. Puis, nous nous détendons dans la position assise, le regard porté vers l'intérieur. C'est très simple.

Faut-il renouveler la pensée de la lumière divine ?

Non. Le Maître dit que formuler cette pensée une fois au début suffit. Avec cette pensée, le mental subconscient est relié au Divin dans le cœur pendant toute la durée de la méditation. Le mental conscient peut continuer d'émettre des pensées, des images, …etc, mais il est conseillé de ne pas y prêter attention, car c'est un moyen de se débarrasser des impressions. Comprenez que dans ce système, une fois la méditation commencée, le mental ne travaille plus donc pas de concentration ni de répétition d'aucune idée, telle qu'un mantra par exemple. Les systèmes précédents ont apparemment utilisé de telles méthodes à seule fin de faire taire ou de supprimer les pensées, avec pour effet que les impressions ne trouvent pas d'issue et continuent de faire leurs ravages de l'intérieur.

Est-il possible de méditer sans que le mental ait à intervenir pendant la méditation?

Oui. Nos Maîtres ont dit que cette pensée est très efficace. Donc la simple suggestion au début de la méditation, de la lumière divine dans le cœur est assez puissante pour relier notre mental au Divin. Ceci peut être comparé au fait d'allumer la lumière. La connexion est établie de façon continue et nul n'est besoin de garder le doigt sur l'interrupteur (en répétant la pensée de la lumière divine).

Dois-je essayer de voir la lumière divine pendant la méditation ?

Non. Le Maître dit que le Divin est trop subtil pour être perçu par les sens. Même la lumière a une certaine matérialité, un certain poids, aussi le Divin ne devrait pas être visualisé comme la lumière du soleil, celle de la lune ou encore la lumière électrique. Comme le mental humain ne peut pas méditer sur le « Rien », nous conservons une idée abstraite du Divin et méditons sur Lui en pensant qu'Il illumine notre conscience de l'intérieur.

Alors, que fait-on pendant la méditation ?

Notre Maître dit de ne rien faire. Vous n'êtes pas actif, vous êtes passif durant la méditation. La méditation, selon le Maître, est un état dans lequel nous attendons que la grâce divine pénètre en nous. Ceci est la façon la plus naturelle de méditer, parce qu'il n'y a pas d'activité au niveau physique ou mental et que nous adoptons une attitude d'abandon (passivité totale) au Divin et L'attendons dans nos coeurs. Le Sahaj Marg nous enseigne que, sur le chemin spirituel, il n'y a pas de place pour deux : vous et Dieu. Tant que vous êtes conscient de vous-même en vous livrant à une activité, même au nom de la méditation, Il ne peut pas être là. Il est avec vous de façon certaine dès lors que vous vous oubliez vous-même. C'est ce qui est obtenu grâce à la méditation selon le Sahaj Marg où un tel état d'oubli de soi est rapidement amené par le pouvoir spirituel de transmission du Maître.

Que dois-je faire si mes pensées me perturbent pendant la méditation ?

Vous devez les considérer comme si elles étaient celles de quelqu'un d'autre e,t ainsi, créer une distance entre vous-mêmes et les pensées qui vous viennent. Notre Maître nous conseille de les traiter comme des hôtes qui n'ont pas été invités : elles s'en iront si vous ne leur accordez pas d'attention. Si vous vous trouvez activement impliqué dans ces pensées, il vous est conseillé d'en détacher doucement le mental en le ramenant à la pensée de départ, c'est-à-dire la présence de la lumière divine dans votre cœur (mais cela ne doit pas être fait de façon mécanique de façon à ne pas le transformer en mantra !). Cependant ceci est un problème passager pour le nouveau pratiquant. Avec une pratique régulière de la méditation quotidienne et des sittings périodiques avec les précepteurs, vous constaterez que les pensées perdent de leur poids et cessent de déranger votre sentiment de calme intérieur et de tranquillité.

L'IMPORTANCE DU CŒUR

Vous dites que c'est le yoga du mental. Mais votre attention semble être dirigée plus sur le cœur que sur le mental.

C'est exact. La raison en est que les impressions, grossièretés, auxquels nous faisions allusion tout à l'heure, sont déposées sous une forme subtile dans la région du cœur. Notre Maître dit que le cœur est le champ d'action du mental. Si le cœur est impur, l'esprit est impur. Si le cœur est purifié de l'opacité créée par les impressions, le mental devient pur, subtil, clair comme le cristal et à l'unisson avec le Divin, puisant tout pouvoir à partir du Divin dans le cœur. Ainsi le Maître et ses précepteurs portent leur attention sur le cœur et nettoient les impressions accumulées. Le résultat de ce nettoyage est ressenti dans la condition du mental.

Dans les autres systèmes de yoga, on médite sur d'autres centres tels que le point entre les sourcils ou le bout du nez. Mon Maître dit que la méditation sur le point entre les sourcils réveille le pouvoir qui peut devenir un obstacle pour l'avancement spirituel. De la même façon, la méditation sur le bout du nez pourrait éveiller des pouvoirs psychiques tels que la clairvoyance, la claire audience, … etc., ce qui pourrait également distraire un aspirant spirituel du véritable but spirituel. Toutes les religions et traditions mystiques disent que le Divin réside dans le cœur humain. Par conséquent, Il ne peut être expérimenté que dans le cœur. De plus, la qualité d'amour est toujours associée au cœur. Cette méditation éveille donc notre amour latent pour le Divin et accélère notre avancement vers le but. En fin de compte, seul l'amour Le conquiert. Nous ferions bien de comprendre que la pratique du Sahaj Marg n'est pas qu'une simple routine sèche et mécanique, mais une pratique qui crée l'amour pour le Divin. Nous méditons sur le cœur (le noyau divin de notre être), nous vivons dans le cœur et agissons par le cœur. Cela mène à l'accord parfait entre notre aspect humain et la base divine de notre existence.

Nos Maîtres ont invoqué plusieurs autres raisons de méditer sur le cœur :

Le cœur est le lieu où l'existence humaine commence et finit, là où la vie palpite puis, à la fin, prend congé du corps.
La nature de l'être humain dépend de son cœur. Un homme peut avoir bon cœur, ou mauvais cœur. Si sa nature nécessite un changement ou une transformation, l'attention doit être portée sur le cœur.
Sur le plan biologique, le cœur purifie le sang et le pompe pour le distribuer dans tout le corps. La purification du cœur par le yoga aura également un effet de raffinement de tout le système physique de l'homme. Selon notre Maître, le nettoyage du cœur a aussi un effet purificateur sur les autres chakras (points) situés au-dessous et au-dessus du cœur dans le corps humain.

QUESTIONS DIVERSES SUR LA MEDITATION

Conseillez-vous un régime alimentaire ?

Mon Maître dit que le régime végétarien est le mieux adapté à la pratique spirituelle. La viande, le poisson et les œufs ont tendance à créer de la opacité ou de la lourdeur dans notre système physique et mental. Par conséquent, il est conseillé à ceux qui sont habitués à ces aliments de les éviter. Cependant, il s’agit juste d’un conseil, pas d’une injonction : manger de la viande ne doit pas décourager les aspirants spirituels de commencer à pratiquer. D’ailleurs, avec une pratique régulière de la méthode du Sahaj Marg, ils pourront se défaire de façon naturelle et détendue de leur attachement à la viande, sans forcer le mental, ce qui serait contre nature.

L'alcool également, selon notre Maître, crée en nous une forme très grossière d'intoxication, alors que nous essayons de parvenir à une imprégnation divine extrêmement subtile par l'intermédiaire de la pratique spirituelle. Aussi, un pratiquant sérieux devrait se libérer de son attachement à l’alcool par un effort de volonté associé à des prières sincères au Maître pour renforcer sa volonté.

La chasteté est-elle requise de la part du pratiquant ?

On attend des pratiquants mariés qu'ils vivent naturellement. Par une pratique régulière de la méthode du Sahaj Marg, toutes les facultés et fonctions de l'homme seront normalisées et amenées à un état de modération et d'équilibre dans tous les aspects de la vie. Les pratiquants célibataires doivent cependant noter que l'immoralité sous toutes ses formes affectera leur progrès spirituel : la pureté de pensée et d'action à cet égard doit être maintenue en permanence.

Puis-je méditer quand je suis malade ?

Le Maître dit que si vous êtes malade au point de ne pas pouvoir vous asseoir pour méditer, alors vous n'avez pas besoin de méditer.

Comment méditer, en voyage ?

Rien ne s’y oppose. Vous pouvez fermer les yeux et méditer en voyageant en bus, en train (prenez toutefois garde à vos bagages) ou en avion. La Mission publie tous les ans une liste des précepteurs et des ashrams en Inde ou dans les autres pays. Il est conseillé d'en garder un exemplaire sur vous lors de vos déplacements, afin de garder le contact avec eux et de profiter de vos soirées et de vos congés pour prendre des sittings individuels et participer aux méditations de groupe où que vous soyez et chaque fois que vous le pouvez.

Supposons que je travaille de nuit, comment puis-je méditer tôt le matin ?

Vous devez fixer une heure qui vous convient pour méditer dans la journée. Ceci s'applique également aux femmes qui sont trop occupées pour méditer le matin. Ainsi, vous pouvez voir qu'il n'y a pas de règles rigides quant aux aspects périphériques de la pratique. Ce qui importe, c'est la régularité de la méditation. L'endroit et l'heure ne devraient pas être des contraintes.

Si j'ai du temps devant moi, puis-je méditer plus d'une fois par jour ?

Oui. Ce qui est prescrit par le Maître est seulement le minimum. Vous pouvez en faire plus. Mais le Maître dit qu'à chaque fois, la durée de la méditation ne doit pas excéder une heure. Une pause de dix à quinze minutes est recommandée avant de méditer de nouveau.

Puis-je me rendormir immédiatement après la méditation ?

Il n'est généralement pas conseillé de dormir tout de suite après la méditation. Mon Maître dit que le sommeil est un état grossier qui a pour effet de neutraliser la condition de subtilité obtenue grâce à la méditation. Si vous méditez trop tôt le matin et retournez vous coucher, vous devez méditer de nouveau au lever.

Après avoir commencé la pratique du Sahaj Marg, puis-je continuer mes anciennes pratiques telles que l'adoration d'idoles, les rites religieux, les prières chantées, … etc.?

Mon Maître dit que cela n'est pas nécessaire. Quand vous intériorisez l'adoration au travers de la méditation, les autres formes de dévotion sont inutiles et doivent être abandonnées. Par ailleurs, si vous voulez tester l'efficacité de ce système spirituel, vous devez le pratiquer de manière exclusive sans le mêler à d'autres pratiques pendant au moins trois mois.

NETTOYAGE DU SOIR 

Qu'entendez-vous par « nettoyage» ?

Comme nous l'avons déjà expliqué, nous avons besoin de l'intervention du Maître ou de ses précepteurs pour être débarrassés de nos vieilles impressions qui ne sont rien d'autre que des impressions mentales solidifiées en tendances. Mais la responsabilité de prévenir la formation de nouvelles impressions revient au pratiquant par le recours à la méthode du nettoyage (cleaning) prescrite par le Maître. Grâce à ce nettoyage personnel, chaque soir le pratiquant est en mesure de retirer les impressions formées dans le cœur pendant la journée qui proviennent de l'interaction entre lui et l'environnement par l'intermédiaire du mental et des sens.

A quel moment est-il opportun de faire ce nettoyage ?

Après avoir terminé votre journée de travail, lorsque vous rentrez chez vous, vous pouvez
vous détendre et vous rafraîchir, puis vous asseoir pour ce nettoyage . Il vaut mieux le faire avant le dîner lorsque vous êtes encore alerte mentalement et non somnolent.


Combien de temps doit durer le nettoyage ?


Une demi-heure est le temps prescrit.

Y a-t-il une posture recommandée ?

Tout comme pour la méditation, une position assise confortable.
Je ne comprends pas la différence entre la méditation et le nettoyage .
C'est simple. Dans la méditation, nous ne faisons rien avec notre mental. Nous adoptons une attitude qui invite la grâce divine dans notre cœur et nous attendons. Pendant le nettoyage, nous appliquons le pouvoir de notre volonté pour retirer les impuretés de notre cœur. C'est un processus actif, et non passif comme la méditation.


Pouvez-vous, s'il vous plaît, décrire la méthode du nettoyage ?


Vous fermez les yeux et commencez avec la pensée que toutes les impressions, impuretés, grossièreté, opacité, etc., vous quittent par le dos sous forme de fumée ou de vapeur. Une fois suffit : vous n'avez pas besoin de répéter cette pensée. Vous supposez mentalement que la grâce divine du Maître pénètre dans le vide créé par le départ des impressions et impuretés. Après avoir fait cela pendant une demi-heure, vous ressentirez une légèreté mentale qui est la preuve du nettoyage.

Est-ce que je suis censé voir les impressions qui me quittent pendant le nettoyage ?

Non. Notre travail n'est pas de les voir. Mon Maître dit que nous ne devrions pas nous en préoccuper ni méditer dessus. Nous devons seulement les balayer mentalement sans même chercher à savoir ce qu’elles sont.

Est-il nécessaire de ramener en mémoire ou de passer en revue tous les événements de la journée avant de les nettoyer pendant le processus du nettoyage ?

Le Maître nous recommande de ne pas le faire, car une telle remémoration ou récapitulation ne sert qu'à renforcer les impressions dont nous voulons nous débarrasser. Il dit que porter de l'attention à la grossièreté n'a pour effet que de la solidifier.


Supposons que je ne puisse pas faire le nettoyage du soir, que dois-je faire ?

Vous pouvez le faire au lit, avant la prière-méditation du coucher. Si cela ne vous est pas possible non plus, alors vous devez le faire le lendemain matin pendant dix à quinze minutes, avant de commencer votre méditation.
PRIERE-MEDITATION DU COUCHER


Qu'est-ce que la prière ?

La prière est une supplication adressée au Seigneur Dieu, le Maître divin dans notre cœur.


Quel est le but de la prière ?
Selon Babuji, prier c'est mendier, et méditer c'est obtenir. Normalement, les gens utilisent la prière pour mendier des faveurs matérielles auprès de Dieu. Mais la prière prescrite par Babuji ne mendie pas : elle formule seulement la complète dépendance du chercheur spirituel vis-à-vis du Divin dans le Maître pour que sa progression vers le but spirituel de la vie humaine puisse s’accomplir, c’est-à-dire pour que le pratiquant puisse se fondre dans le Divin. C'est donc la plus haute forme de prière, qui ne demande aucune faveur mais nous permet de nous abandonner au Divin.


Quelle est la prière du Sahaj Marg ?

La voici. Elle s’adresse au Divin qui est réalisé dans le Maître :


Ô, Maître !
Tu es le vrai but de la vie humaine.
Nous ne sommes encore qu'esclaves de désirs
Faisant obstacle à notre avancement.
Tu es le seul Dieu et Pouvoir
Qui puisse nous élever à ce niveau.

Quand et comment dois-je dire cette prière ?

Elle doit être dite mentalement une fois avant de commencer votre méditation du matin. Elle doit être dite une fois encore avant de se coucher. Cependant, elle ne doit pas être prononcée de façon mécanique puis oubliée. Elle doit être répétée mentalement deux ou trois fois avec le cœur plein de dévotion, dans une attitude suppliante. Ensuite, nous devons essayer de méditer (penser profondément) sur sa signification et nous perdre en elle avant de nous endormir. C'est pourquoi on l'appelle prière-méditation. Elle doit durer environ dix minutes.

Y-a-t-il une raison particulière au fait d'offrir cette prière la nuit ?

Oui. Grâce à cette pratique, nous serons à même de maintenir le lien avec le Divin dans notre cœur au niveau subconscient. Le matin au réveil, la pensée du Divin sera de nouveau au premier plan dans notre mental, ce qui est un état d'esprit des plus souhaitables pour tout chercheur spirituel.

Vous dites que nous devons méditer sur le sens de la prière.
Pouvez-vous donner plus de détails ?


C'est une prière tout à fait spéciale développée par Babuji dans un état de super-conscience, et selon Lui, elle est chargée spirituellement de pouvoir et d'efficacité. Pour en tirer tout le bénéfice, la prière doit être offerte avec un regard approfondi sur sa signification. Examinons le sens de la prière point par point :

Ô, Maître !

Le Divin dans nos cœurs est le Maître véritable et non nos désirs et attachements, nos supérieurs hiérarchiques, nos femmes, maris et amis, pas même les dieux nantis de noms, de formes et d'attributs. L'être le plus subtil, qui réside dans notre cœur est notre Maître. Cette introduction souligne le fait que dans notre relation à Lui, nous sommes Ses esclaves, Ses serviteurs. Celui qui réalise Sa suprématie dans tous les aspects de la vie, physique, mental, matériel et spirituel, est vraiment paré pour un avancement spirituel rapide. Le ton de l'interpellation « Ô, Maître ! » montre aussi une attitude suppliante (celle d'une requête présentée au roi) qui crée assurément un vide dans nos cœurs, lequel attirera automatiquement en nous le flot de grâce divine.

Tu es le vrai but de la vie humaine.

Mon Maître ne cesse d'insister sur la nécessité de toujours garder en vue le but de notre existence. Autrement, nous risquons de nous laisser distraire par divers autres buts mineurs de cette vie dans le plan matériel, et de perdre ainsi de nouveau notre chemin. Ici, nous affirmons qu'Il est le vrai but et non pas les désirs et les attractions de cette vie. Même les cadeaux dont Il nous gratifie ne sont pas le but. Nous ne voulons que Lui et Lui seul. Bien sûr, en Lui, tous les besoins de notre existence terrestre seront certainement satisfaits (et non les désirs). Mon Maître l'a formulé admirablement : « Mon Bien-Aimé, Vous êtes le vrai but de ma vie » : seuls s'interposent entre Vous et moi, mes envies et désirs stupides pour les pouvoirs, la beauté, les richesses. « Vous seul pouvez Vous donner à moi ». Cette phrase de la prière proclame aussi notre amour pour l'Ultime. Une fois que le dévot a fixé son cœur sur l'objet de son amour, aucun autre objet ne peut distraire son attention et sa recherche.

Nous ne sommes encore qu'esclaves de désirs faisant obstacles à notre avancement.

Ceci est l'humble constat fait devant le Maître divin de notre esclavage aux désirs et attachements qui sont la cause principale de nos impressions : nous admettons que ces impressions font obstacle à notre avancement vers Lui en nous faisant trébucher et hésiter dans notre poursuite et que, par nous-mêmes, nous sommes totalement impuissants et incapables de faire seulement un pas vers l'avant. C'est le cri de notre âme impuissante et angoissée dont le désespoir attire naturellement l'attention du Maître divin dans nos cœurs. Admettre notre condition intérieure nous rend humble et simple dans notre quête de la faveur divine.

Tu es le seul Dieu et pouvoir qui puisse nous élever à ce niveau.

Ici, le dévôt déclare sa complète dépendance et fait un acte d'abandon devant le Maître divin. Il reconnaît qu'Il est l'unique Dieu et que Son pouvoir est le seul qui puisse l'aider à atteindre le but. Ceci montre sa foi en Lui totale et sans réserve et son reniement implicite de tous les dieux et pouvoirs mineurs qui peuvent assurément lui procurer certains bénéfices et pouvoirs au niveau matériel, mais ne peuvent le mener jusqu'à la réalisation Divine.

LE SOUVENIR CONSTANT


Vous avez parlé en détail de la méditation, du nettoyage et de la prière. Est-il permis de supposer que pour atteindre le but, il suffit de ne pratiquer que ces trois choses ?

Ces trois techniques constituent le cadre principal de notre pratique au Sahaj Marg . Mais ce qui donne la vie à cette pratique et fait battre le cœur du pratiquant, c’est ce que nous appelons « le souvenir constant » : cela signifie nous souvenir constamment du Maître divin.

Pourquoi devrions-nous constamment nous souvenir de Lui ?

Le Maître dit que, normalement, nous nous souvenons des personnes (ou des objets) que nous aimons. Mais ici, le Maître divin qui est sans nom, ni forme, ni attributs mais seulement une présence subtile dans nos cœurs, nous apparaît au commencement comme un étranger. Il n'y a alors pas moyen de L'aimer. Nous pouvons cependant développer l'amour pour Lui en nous souvenant de Lui : c’est-à-dire qu’en renversant l'équation selon l'expression de mon Maître, me souvenir de Lui va, petit à petit, développer l’amour pour Lui dans mon coeur. Mon Maître assure que cela mène au résultat souhaité qui est d'amener le Divin encore et toujours plus près de nous, afin qu'en temps voulu, notre identification avec Lui soit complète.

Comment pratique-t-on cette méthode du souvenir constant ?

C'est facile. Tout au long du jour, pendant nos différentes activités, personnelles, domestiques, officielles ou sociales, nous devons délibérément émettre dans notre mental la suggestion que c'est le Maître divin en nous qui accomplit toutes ces activités. Par exemple on pense : Il prend son bain, Il mange, Il va au bureau, Il commence un travail, Il l'a terminé, Il Se détend avec des amis ou joue avec les enfants, Il médite, Il fait Son nettoyage, Il résout des problèmes, Il subit des agitations mentales,… etc. Le moi s’efface pour laisser toute la place au Divin.

En quoi cette pratique m'aide-t-elle dans ma progression spirituelle ?

Comme nous l'avons déjà mentionné, le souvenir constant permet de développer l'amour pour le Maître divin qui est essentiel pour l'avancement spirituel. L'amour pour Lui chasse notre ego du champ des pensées et des actions. Une fois que l'ego est absent, nous arrêtons de créer de nouvelles impressions. Quand nous atteignons ce stade par une pratique régulière du souvenir, on peut considérer cela comme le point d'envol vers la réalisation de Dieu ou la réalisation du Soi.

Le Maître fait également remarquer qu'au travers de cette pratique, le souvenir qui commence au niveau conscient, s'infiltre lentement dans les niveaux subconscient puis inconscient du mental. Et quand ceci est accompli, notre mental devient divinisé et s'harmonise avec Lui de façon permanente. A ce stade, le souvenir conscient perd de son importance puisque nous sommes tout le temps perdus en Lui. Mon Maître définit ainsi le souvenir constant :

D'abord, nous oublions de nous souvenir,

Puis nous nous souvenons, de nous souvenir,

Et finalement nous nous souvenons, au point d'oublier.

LE MAITRE ET LES PRECEPTEURS

Les termes "Maître divin" et "mon Maître" prêtent un peu à confusion.
A qui font-ils référence ?


Mon Maître dit que le Maître divin dans nos cœurs est Dieu Lui-même et que le Maître dans sa forme humaine est Son représentant.

Le Sahaj Marg croit que sans la conduite et l'aide active d'un Maître vivant et d'envergure, il est impossible pour la plupart d'entre nous d'atteindre le but dans cette vie. Le Maître dans sa forme humaine est un homme qui a réalisé le Maître divin en lui-même par la consécration à sa démarche spirituelle et la dévotion envers son propre Maître. En vertu de sa qualité d'être humain, de son amour désintéressé pour l'humanité et de sa disponibilité pour tous les chercheurs de Dieu, il lui est donné de pouvoir écarter nos peurs, nos sentiments de culpabilité et notre manque d'assurance, et de nous mener pas à pas vers le but ultime. Ceux qui coopèrent avec Lui en se consacrant à leur démarche spirituelle et en se soumettant sincèrement à ses instructions auront la possibilité de réaliser dans leur propre soi, le Soi divin, dans cette vie même. Ceci est la promesse du système du Sahaj Marg.


Qui sont les précepteurs, et quelle relation dois-je entretenir avec eux ?

Les précepteurs sont avant tout des pratiquants. En plus de cela, ils se sont engagés volontairement dans un travail spirituel envers leur Maître. Quand un pratiquant est plein de dévotion dans sa pratique, quand il est convaincu de l'efficacité du système et qu'il veut consacrer son temps à travailler spirituellement pour le Maître, il peut être nommé par Lui précepteur. Il est alors autorisé par le Maître à effectuer, en Son nom, le travail de transmission yogique, et à servir tous les chercheurs spirituels et les pratiquants de la Mission. Mais il doit continuer sa pratique quotidienne telle qu'elle est prescrite pour tous les abhyasis. Aussi, vous devez considérer le précepteur comme votre frère et prêter attention à ses instructions en ce qui concerne la pratique spirituelle. Vous êtes également invités à approcher librement le Maître à tout moment, ou à Lui écrire, pour toute clarification dans le domaine spirituel. Il est conseillé de limiter votre relation avec les précepteurs au seul entraînement spirituel, car ils mènent une vie de famille avec des obligations matérielles et ne sont pas censés entretenir des relations de convivialité avec les pratiquants. Considérez tous les précepteurs comme égaux, et ne développez pas de relation hiérarchique avec eux, ni de préférence ou d'attachement pour aucun d'entre eux.

Les Précepteurs.

Le Maître forme des abhyasis en les rendant capables de transmettre l'énergie Divine, ils sont appelés précepteurs. Il est fondamental de comprendre que le travail des précepteurs se fait sous le contrôle total du Maître. De plus il ns s'agit pas là de pouvoir, mais d'une capacité intérieure créée par le Maître, les transformant, en quelque sorte, en relais transmetteur pendant son absence physique.

Les méditations de groupe.

Ce sont donc les précepteurs qui conduiront les méditations de groupe. Dans le cadre de la pratique, le pratiquant doit participer au moins à une méditation de groupe par semaine. Chariji, notre Maître actuel, a écrit dans un livre intitul " Chariji, 'Qu'est-ce que le Sahaj Marg ?' à la page 200 : "Toute la légèreté que vous ressentez pendant le sitting ou la méditation de groupe ne provient pas de la transmission, mais du nettoyage seul. Le nettoyage vous donne la légèreté. La transmission, quand vous êtes léger, vous donne l'impression de plonger profondément dans la méditation. "

Les sittings individuels avec un précepteur sont également essentiels pour le développement de l'aspirant. Il s'agit d'une méditation individuelle d'environ trente minutes, qui a lieu tous les 8 à 15 jours selon le ressenti du pratiquant et du précepteur. Ce sitting permet un travail encore plus profond et agit principalement sur les impressions les plus anciennes sur lesquelles le pratiquant n'a absolument aucun accès par son cheminement personnel. Là encore, seul le pouvoir du Maître peut aboutir.

 

LES PROBLEMES DE LA VIE MATERIELLE


La pratique du Sahaj Marg améliore-t-elle la santé physique ?


Mon Maître dit que comme, dans ce système, le mental est progressivement purifié et régulé, bien des pratiquants qui souffrent de maux physiques résultant de tensions mentales (psychosomatiques) présenteront une amélioration notable. Du fait que nous méditons sur le cœur et enlevons la grossièreté de notre cœur, le Maître dit que cela a également pour effet de tonifier le cœur biologique.

Le pratiquant constate que pendant la méditation, sa conscience se déplace en lui du corps et des sens vers le Divin et que ceci entraîne une diminution de la pression sur le système physique. La respiration et le pouls, ainsi que la pression sanguine, baissent de façon perceptible. Cet état de détente physique complète durant la méditation, permet la conservation de l'énergie physique et persiste même après la méditation si le pratiquant est régulier dans sa pratique spirituelle .


Est-ce que les personnes physiquement ou mentalement handicapées sont admises à méditer ?

Il n'y a pas de problème si le handicap est seulement physique. Mais chez une personne handicapée mentale, l'instrument qui sert à la méditation, le mental, un mental normal, fait défaut, par conséquent cette ne peut pas méditer.

Tous mes problèmes matériels vont-ils disparaître si je pratique cette méthode spirituelle régulièrement ?

Nous ne devons jamais oublier que le but de ce système spirituel est de nous réaliser dans le Divin et non pas de nous débarrasser des problèmes de cette existence terrestre.

Les problèmes matériels et affectifs sont là pour nous mettre à l'épreuve et nous fortifier, ce qui est indispensable pour nous permettre de progresser sur le plan spirituel. Sans ces difficultés, nous risquerions de rester immobiles, bloqués par les charmes et les plaisirs de la vie. Cependant, comme nombre de nos problèmes trouvent leur origine dans notre égoïsme et nos impressions, il est clair qu’ils prennent fin au fur et à mesure que ces impressions sont supprimées. Notre Maître ajoute que certaines impressions nous sont laissées pour nous permettre de rencontrer en chemin certains malheurs et défis nécessaires à notre évolution spirituelle. Ils devraient donc être accueillis comme des bénédictions divines.
Le système spirituel du Sahaj Marg, par conséquent, nous affermit et nous entraîne à faire face, en Maître, aux difficultés de l'existence que nous ne sommes pas censés fuir.

QUELQUES SUGGESTIONS POUR DES PROGRES RAPIDES

Une dernière question : comment un nouvel arrivant dans le Sahaj Marg peut-il faire des progrès rapides ?

Je suggérerais ce qui suit :
  • Qu’il soit régulier dans sa pratique du système spirituel Sahaj Marg : méditation du matin, nettoyage et prière-méditation du soir. Pour son bien, il doit renoncer à la paresse, à l'inertie mentale, à la tendance à remettre à plus tard, et développer énergie et enthousiasme pour son système de réalisation spirituelle.
  • Qu’il prenne des sittings individuels et assiste aux sittings de groupe (méditations) suivant les recommandations des précepteurs.
  • Qu’il lise et relise les dix maximes du Sahaj Marg, et essaye de les mettre en pratique dans la vie de tous les jours.
  • Qu’il développe le souvenir constant comme cela a été expliqué plus haut.
  • Chaque fois que son cœur l’y invite, qu’il fasse en sorte de rencontrer son Maître et de passer du temps en sa compagnie. Il peut se procurer auprès de son précepteur le programme détaillé du Maître, de ses déplacements (horaires et adresses). Qu’il prenne l'habitude de rapporter par écrit sa pratique spirituelle, ses progrès, ses expériences et problèmes spirituels pour, éventuellement Lui en parler.
  • Qu’il tienne un journal spirituel et y consigne brièvement chaque jour ce qui touche à sa pratique, ses expériences, l’état de son mental, les changements observés, les problèmes rencontrés, etc.
  • Qu’il ne soit pas découragé par ses erreurs et ses défauts. Babuji donne ce conseil : « traitez vos erreurs et vos défauts comme s’ils étaient ceux du Maître et continuez votre pratique. Il en résultera que vous vous améliorerez de jour en jour».
  • Qu’il développe la vigilance intérieure et surveille toutes ses pensées et actions. Cela lui évitera de glisser dans l'erreur et lui permettra de se corriger et de s’améliorer lui-même consciemment.

Les pensées inutiles et les bavardages inconséquents dissipent notre énergie et nous distraient de notre but. Aussi que le nouvel arrivant essaye de maintenir le silence à la fois à l'intérieur et à l'extérieur, en gardant le contact mentalement en permanence avec le Divin. Mon Maître dit que c'est le pratiquant qui garde le silence (sauf quand parler est nécessaire ou affaire de devoir), qui fait des progrès.

Swami Vivekananda dit que le Royaume des Cieux n'est pas pour les cœurs faibles.
Babuji dit qu'en spiritualité, nous devrions être comme des lions :

    - fiers de pratiquer ce système spirituel sous la conduite d'un Maître compétent ;

    - courageux devant l'adversité et les obstacles;

    - et sûrs d'atteindre notre but Divin.

Les sentiments négatifs comme la peur, le doute, l'incertitude et le manque de confiance en soi devraient être consciemment évités.



 

 

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